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Ligue 1 : les gagnants et les perdants du mercato
Le mercato s'est achevé début octobre

Ligue 1 : les gagnants et les perdants du mercato

11/10/2020 à 23h00

Avec une période de transferts troublée sportivement et financièrement par le coronavirus, il n'était pas évident de réaliser de bonnes affaires sur le marché. Quels clubs s'en sont le mieux sortis et quels sont ceux qui en souffert le plus ?

Ligue 1 : les gagnants et les perdants du mercato

Les gagnants

Il n'est pas étonnant de voir le Stade Rennais dans cette catégorie. Avec 4 des plus gros transferts de l'année, le club breton, qui va disputer la première Ligue des Champions de son histoire, n'a pas lésiné sur les moyens. Avec deux ex-Lyonnais à la manœuvre, Florian Maurice et Jérôme Bonnissel, Rennes a dépensé pas loin de 70 millions d'euros. Le plus cher est sans doute aussi le plus méconnu : Jérémy Doku, grand espoir belge de 18 ans, est arrivé en Bretagne pour faire oublier Raphinha, parti pour 17 millions d'euros à Leeds. Le club s'est renforcé dans les secteurs de jeu : Martin Terrier et Serhou Guirassy en attaque ; N'Zonzi, de retour en prêt et Doku au milieu ; Nayef Aguerd, Dalbert et Daniele Rugani en défense ; et le gardien Alfred Gomis pour remplacer Edouard Mendy parti à Chelsea. Une belle armada donc, armée pour lutter en Coupe d'Europe aussi bien qu'en championnat. Le beau début de saison des joueurs de Julien Stéphan n'est d'ailleurs sans doute pas un hasard.

Autre club ambitieux lors de ce mercato estival : l'OGC Nice. Plus de 27 millions d'euros dépensés et un recrutement particulièrement malin du côté de la Côte d'Azur. En manque de temps de jeu du côté de Lyon, Amine Gouiri, international espoir français, va pouvoir démontrer tout son talent dans l'attaque des Aiglons. Tout comme Rony Lopes, de retour dans le championnat de France après un échec au FC Séville. Autre Lyonnais parti plus au sud, Jeff Reine-Adelaïde, arrivé le dernier jour du mercato, semble le maillon qui manquait à l'entrejeu niçois pour passer un cap. Avec également Morgan Scheniderlin en sentinelle, Hassane Kamara, Jordan Lotomba et Robson Bambu en défense, le Gym est ambitieux cette saison. Seules ombres au tableau : les départs de Malang Sarr et d'Ignatius Ganago, qui semble passer un cap en ce début de saison à Lens.

Le promu nordiste est lui aussi un grand gagnant du mercato. Il faut dire que le RC Lens a mis les moyens : près de 20 millions d'euros. Mis à part leur tête d'affiche Gaël Kakuta, très performant depuis le début de saison, aucun grand nom n'est arrivé, mais des joueurs plein d'espoir, à l'image de Ganago donc, mais aussi de Seko Fofana, en provenance de l'Udinese, Facundo Medina, nouveau patron de la défense, ou l'ancien Havrais Loïc Badé. Le revanchard Jonathan Clauss, formé au RC Strasbourg mais non conservé, passé ensuite par les divisions inférieures française et allemande, et Issiaga Sylla, relégué avec Toulouse la saison dernière, font aussi partie des bonnes surprises du début de saison de Lens.

Les perdants

On attendait une razzia du côté de l'Olympique Lyonnais. Finalement, certains cadres comme Houssem Aouar, Memphis Depay et Moussa Dembélé sont restés. Pour autant, de nombreux joueurs de qualité ont quitté le Rhône, à l'image d'Amine Gouiri, Lucas Tousart, Martin Terrier ou Jeff Reine-Adelaïde. Même des joueurs précieux de l'effectif et moins en vue sont partis, comme Oumar Solet, Marçal, Rafael, Kenny Tete, Bertrand Traoré, Joachim Andersen ou encore Youssouf Koné. L'absence de la Coupe d'Europe a pesé dans les têtes, mais aussi dans les finances du club, qui devait dégraisser pour survivre. Au rang des arrivées, le directeur sportif, Juninho, a fait des paris, comme Tino Kadewere, le meilleur buteur de Ligue 2 la saison passée, l'international algérien Djamel Benlamri, qui va connaître à 30 ans son premier club européen, ou Lucas Paqueta, espoir brésilien qui n'a pas réussi à s'imposer à l'AC Milan. De gros paris et peu de certitudes. Seule l'arrivée de Mattia De Sciglio, en perte de vitesse à la Juve, représente un gage de solidité.

Le voisin Saint-Etienne n'est pas au mieux non plus après ce mercato. Certes, le grand espoir du PSG Adil Aouchiche a été une excellente prise pour l'équipe de Claude Puel. Mais dans l'ensemble, l'équipe s'est affaiblie dans tous les secteurs. La défense en particulier a beaucoup perdu. La pépite Wesley Fofana est partie à Leicester pour 35 millions d'euros et a été remplacée par l'international grec Panagiotis Retsos qui n'a joué que 8 matchs pro lors des deux dernières années. William Saliba est définitivement parti à Arsenal, tandis que Loïc Perrin a pris sa retraite sportive et Sergi Palencia a été prêté. Au milieu également, l'ASSE a perdu ses joueurs expérimentés : Yohan Cabaye, Jean-Eudes Aholou, Yann M'Vila et Assane Dioussé sont tous partis, remplacés seulement par Aouchiche et Yvan Neyou, qui découvre l'élite. Claude Puel s'est même offert le luxe d'écarter Ryad Boudebouz et Wahbi Khazri, qui, lui, a récemment été réintrégré. En attaque, pas de grosse révolution non plus, avec les départs de Loïs Diony, Vagner et Franck Honorat pour la seule arrivée de Jean-Philippe Krasso qui jouait jusqu'alors en National 2 ! L'échec du transfert de Mbaye Niang pèse lourd pour les Verts, privés de véritable attaquant.

Autre club qui a perdu beaucoup lors du mercato : le FC Metz. Le club lorrain a bradé son meilleur buteur Habib Diallo 10 millions d'euros. Le Sénégalais venait pourtant de réaliser 2 saisons flamboyantes avec les Grenats : 26 buts en 37 rencontres en 2018/2019 et 12 en 26 matchs en 2019/2020. Pour autant, la réussite actuelle d'Ibrahima Niane fait un peu oublier son compatriote. Les Grenats ont également perdu à l'intersaison l'expérimenté Renaud Cohade et Marvin Gakpa, remplacés numériquement par le Cap-verdien Vagner et Warren Tchimbembé, en provenance de l'Estac Troyes. Les Messins devront donc probablement cravacher pour se maintenir une deuxième saison consécutive en Ligue 1.
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