L'Uruguayen quitte le PSG en tant que meilleur buteur de l'histoire du club

Edinson Cavani, le départ d'une légende

03/07/2020 à 16h00

L'histoire entre le PSG et Edinson Cavani s'est terminée le 1er juillet. Le buteur laissera un grand vide pour les fans du club de la capitale.

Edinson Cavani, le départ d\
Zlatan Ibrahimovic avait dit au moment de son départ du PSG : "je suis venu comme un roi, je repars comme une légende". Cette déclaration avait fait grincer des dents à l'époque, mais le Suédois était devenu en 4 saisons le meilleur buteur de l'histoire du PSG avec 156 buts. Edinson Cavani, lui, est parti sans dire un mot, avec la modestie qui le caractérise et qui plaît tant aux supporters du club de la capitale. Pourtant, en 7 saisons, il a inscrit tout juste 200 buts en 301 matchs, pulvérisant ainsi le record de son ancien coéquipier. S'il y a bien une légende qui s'en va, c'est lui.

L'instinct de guerrier

Pourtant, tout n'a pas été toujours facile pour lui à Paris. Arrivé pour 64 millions d'euros en provenance de Naples lors de l'été 2013, il devait dès le départ faire face à la concurrence de Zlatan Ibrahimovic, arrivé un an plus tôt. Le Suédois devait d'ailleurs pousser l'Uruguay à s'excentrer pour devenir un faux ailier. Ce poste, qu'il n'a jamais particulier affectionné, correspondait pourtant bien à ton tempérament de guerrier. Premier défenseur de l'équipe, il n'a jamais rechigné à venir chercher le ballon dans son propre camp pour soulager ses coéquipiers. La fameuse "grinta" uruguayenne qu'affectionne tant Antoine Griezmann. Tout le contraire du roi Zlatan, qui s'est souvent contenté de marcher en phase défensive.

Ces efforts et cette position excentrée ont probablement empêché Cavani de prendre toute la lumière durant la première partie de sa carrière au PSG. Quant Ibrahimovic marquait 30 buts par saison, le natif de Salto n'en inscrivait "que" 20 à 25. On lui reprochait alors sa maladresse balle au pied, ses déchets à la finition, son manque d'altruisme.

L'instinct du buteur

L'altruisme. Un terme qui ne convient pas aux grands buteurs mondiaux. L'envie de marquer, dans toutes les positions, l'instinct face au but. Les grands buteurs sont aussi de grands égoïstes dans les 16 derniers mètres. Et lorsque Cavani a été replacé dans l'axe de l'attaque suite au départ du géant Ibrahimovic, l'histoire d'amour avec Paris pouvait enfin commencer. Meilleur buteur avec 35 buts et élu meilleur joueur de Ligue 1 par ses pairs dès sa première saison dans la lumière, plus rien ne pouvait l'arrêter. Si ce n'est l'ambition démesurée des dirigeants parisiens... Le petit Kylian Mbappé, qui lui avait déjà chipé le titre de champion de France avec Monaco, débarquait à Paris accompagné de l'immense vedette internationale, Neymar. De star unique, reconnue, réservée et malgré cela adulée, Cavani repassait au second plan dans la hiérarchie des top players parisiens.

L'instinct de survie

Mais Cavani le guerrier n'avait pas dit son dernier mot. Lui qui a toujours dû cravacher plus que les autres pour obtenir les faveurs de ses dirigeants et entraîneurs, n'allait pas se laisser abattre. Et malgré la présence de joueurs achetés des centaines de millions d'euros à côté de lui, l'Uruguayen faisait le job. Marquer des buts, encore et toujours. Dans son style inimitable. Généralement à une touche de balle, en coupant les corners et coups de pieds arrêtés au premier poteau, etc. Même lorsque Neymar s'accaparait les penalties alors que Cavani les tirait depuis le départ d'Ibrahimovic, ce dernier n'a pas bronché. Même lorsque le Brésilien empêchait l'avant-centre parisien de battre le record de Zlatan, encore sur penalty, et malgré les sifflets des supporters du PSG, il n'a pas bronché. Cavani attendait son heure de gloire. Patiemment. Elle est arrivée face à Montpellier, le 27 janvier 2018. Il inscrivait alors le but lui permettant devenir une véritable légende du club parisien. Cette saison-là, il marquait encore 28 buts, lui permettant de remporter à nouveau le titre de meilleur buteur de Ligue 1. Malgré Neymar. Malgré les penalties légués au Brésilien. Malgré Mbappé. Malgré tout.

Lâché par son corps, lâché par ses dirigeants

Rien ne semblait donc pouvoir empêcher Cavani de poursuivre sa marche en avant à Paris. Personne en tout cas. Mais son âge avancé, et surtout son corps l'ont peu à peu lâché. Une première alerte a eu lieu lors de la Coupe du Monde en Russie. Blessé au mollet gauche, il ne pouvait disputer le quart de finale face à la France. Il manquait également la préparation et le début de saison du PSG. Il le savait pas encore, mais c'était là le point de départ de sa descente aux enfers d'un point de vue physique. Blessé à la hanche le 9 février 2019, il manquait deux mois et demi de compétition. Encore deux mois de perdus le 25 août 2019 après une nouvelle blessure à la hanche. Et l'arrivée d'un concurrent direct, Mauro Icardi, poussait Cavani un peu plus vers la sortie. Mais malgré les difficultés, il revenait, encore et toujours. Retrouvant même sa place de titulaire le 12 février 2020 aux dépens d'Icardi, pour ne plus la lâcher. Pour autant, il savait que son temps au PSG était compté, son contrat expirant le 1er juillet, les dirigeants ne voulant pas le prolonger. Mais la crise du coronavirus s'en est mêlée, poussant le Parisien à clore son histoire avec le club plus tôt que prévu. Il aurait bien pu prolonger de deux mois, comme Leonardo lui a proposé, pour finir la saison (les finales de Coupe nationale et la Ligue des Champions devant se disputer fin juillet et courant août). Mais l'Uruguayen avait trop d'orgueil pour accepter un deal pareil, après tant de camouflets subis de la part de ses dirigeants. Cavani a donc quitté Paris le 1er juillet, après 7 années avec des hauts et des bas. Personne, pas même les supporters, ne lui en voudront. Une légende s'en est allée.
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