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| Mr Codjia brandissant un carton rouge à Nadir Belhadj (© Iconsport) |
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Le Togo mitraillé et suspendu
Cette Coupe d’Afrique des Nations 2010 a commencé par une effroyable nouvelle. Le 8 janvier, passant la frontière du Congo, où il a effectué sa préparation, vers le Cabinda, une enclave pétrolifère au Nord de l’Angola, le groupe togolais est alors victime d’une attaque à la mitraillette. Escorté par l’armée angolaise, le bus est la cible d’un groupe de rebelles séparatistes. L’entraîneur adjoint,
Abalo Amelete, est tué, ainsi que l’attaché de presse, Stanislas Ocloo. Le gouvernement togolais rappelle ses joueurs sur son territoire pour un deuil de 3 jours. L’équipe déclare donc forfait la veille du début du tournoi. Suite à ce retrait logique, la CAF se réunit et décide d’appliquer le règlement, en suspendant la sélection pour les 2 prochaines CAN, puisqu’elle a donné son forfait moins de 20 jours avant le match d'ouverture. Cette décision déclenche donc l’incompréhension dans le monde du foot, et la génération actuelle se voit privée de compétition pendant 4 ans.
L'arbitrage en question
Au cour du premier tour, assez peu de choses à redire, si ce n’est quelques décisions litigieuses. Le Bénin aurait pu obtenir un ou plusieurs penalties face au Nigeria (
0-1), tout comme la Côte d’Ivoire contre le Burkina Faso (
0-0). C’est dans le tableau final que l’on retrouve les plus grandes polémiques. Le choc entre l’Egypte et le Cameroun s’est achevé par un but sur coup franc du capitaine Ahmed Hassan. Seulement, en regardant le ralenti du but, on peut s’apercevoir que le ballon n’a pas franchi la ligne. Voila qui constitue un argument de plus pour les pro-vidéo. Quelques jours plus tard, c’est une somme d’erreurs commises par M. Codjia qui a provoqué l’hystérie des supporters algériens. Tout d’abord, il avertit Rafik Halliche pour une légère charge sur El Hadary dans les airs. L’arbitre siffle ensuite un penalty logique, mais il attend trop avant de donner le second carton, synonyme d’expulsion. Ensuite, Hosny marque un temps d’arrêt dans sa course, mais le but est validé. Chaouchi s'en prend violemment au directeur de jeu, qui ne lui donne qu’un carton jaune. L’Egypte l’emporte (
4-0), mais après le succès obtenu en finale de la CAN 2006 contre la Côte d’Ivoire dans des circonstances similaires (
0-0,4-2), le doute plane.
Des stars en difficulté
Aucun des 4 derniers Ballons d’or africain n’était présent dans le dernier carré de la compétition.
Frederic Kanouté, élu en 2007, a été éliminé au 1er tour, mais malgré sa blessure, il a apporté un plus à son équipe, avec 2 buts contre l’Angola (4-4) et le Malawi (3-1). Choisi en 2008,
Emmanuel Adebayor a déclaré forfait quant à lui avec le Togo. De son côté,
Samuel Eto’o, couronné en 2003, 2004, 2005 et 2009, n’a pas pesé sur le jeu de son équipe, malgré 2 buts, avec un placement sur les ailes par Paul Le Guen. Ballon d’or 2006,
Didier Drogba a marqué face au Ghana (3-1), mais a assisté impuissant à l’échec face à l’Algérie (1-2). Seul
Nwankwo Kanu, plébiscité en 1996 et 1999, a ramené une médaille de bronze avec le Nigeria. Pour les autres grands noms, comme
Michael Essien, le tournoi a également tourné court, le joueur de Chelsea s’est blessé dans un choc avec Didier Drogba. Dans l’entrejeu, des éléments ont beaucoup déçu.
Yaya Touré n’a pas eu l’assurance qu’il peut avoir avec le Barça,
Mahamadou Diarra et
Momo Sissoko ont été transparents avec le Mali. Enfin,
Carlos Kameni, réputé pour être le meilleur gardien africain, n’a pas été serein dans ce tournoi, avec 8 buts encaissés en 4 rencontres.
Le niveau de la compétition
La moyenne de buts inscrits dans le tournoi (2.45) est en baisse par rapport à celle de 2008, qui était à 3.09. Pour autant, il est difficile de dire que le niveau de jeu a été moins élevé. La physionomie de la compétition a été assez proche, avec notamment une finale se finissant par le même score, avec un but en fin de rencontre. Le dernier carré a accueilli 3 des futurs mondialistes, le Nigeria, le Ghana et l’Algérie, ce qui montre une certaine continuité au niveau des résultats. Les 2 autres, le Cameroun et la Côté d’ivoire, ont été sortis en prolongation au tour précédent. Par contre, la qualité des pelouses était inégale. Luanda et Cabinda, avec des climats plus chauds, ont offert des terrains très secs, avec beaucoup de sable, qui se sont dégradés en cours de tournoi. Enfin, on peut dire que toutes les équipes ont eu un niveau suffisant. Le Malawi, le Bénin, ou encore le Mozambique, ont fait des matchs honorables, malgré un statut de Petit Poucet. En revanche, le faible taux de remplissage des stades a parfois jeté le discrédit sur les organisateurs, avec moins de 1000 personnes lors de Malawi - Algérie par exemple.